Visite de pré-reprise et visite de reprise : qui les déclenche ?
Pendant un arrêt de travail, seule une visite de pré-reprise peut être organisée. Elle est à votre initiative, ou à celle de votre médecin traitant ou du médecin conseil de la Sécurité sociale. Votre employeur ne peut pas la demander. Cette visite sert à préparer votre retour et à anticiper d'éventuels aménagements. La visite de reprise, elle, est à l'initiative de l'employeur. Dès qu'il connaît la date de fin de votre arrêt, il doit saisir le service de santé au travail. L'examen doit avoir lieu le jour de la reprise effective ou, au plus tard, dans les huit jours qui suivent. Si l'employeur ne fait rien, vous pouvez solliciter vous-même cette visite, à condition de l'en avoir informé préalablement.Reclassement : une obligation pour l'employeur, avec des limites
Une fois l'inaptitude prononcée, l'employeur doit vous proposer un reclassement. C'est une obligation légale, sauf exception. Il doit chercher un autre poste adapté à vos capacités physiques et psychiques, dans l'entreprise ou, si elle appartient à un groupe, dans le groupe. La proposition de reclassement doit s'appuyer sur l'avis du médecin du travail et sur celui du comité social et économique (CSE). Si aucune proposition n'est possible, l'employeur doit vous expliquer les raisons par écrit. Ce document est important : il servira de preuve si la procédure aboutit à un licenciement. Le refus de reclassement peut venir aussi de vous. Si vous refusez les propositions qui vous sont faites, l'employeur peut alors envisager un licenciement pour inaptitude. Ce refus doit être motivé : un refus sans justification peut être considéré comme abusif.Licenciement pour inaptitude : les trois cas légitimes
Le licenciement pour inaptitude n'est possible que dans trois situations : - l'impossibilité de reclassement est prouvée ; - vous refusez les propositions de reclassement ; - le médecin du travail estime que votre maintien dans l'entreprise serait gravement préjudiciable à votre santé. Dans ce dernier cas, la procédure suit celle du licenciement pour motif personnel. Dans tous les cas, l'employeur doit respecter la procédure de licenciement : convocation à un entretien préalable, notification par lettre recommandée avec accusé de réception. La différence entre une inaptitude d'origine professionnelle et une inaptitude d'origine non professionnelle est fondamentale. Elle détermine les textes applicables : l'article L. 1226-2 du Code du travail pour une origine non professionnelle, l'article L. 1226-10 pour une origine professionnelle, c'est-à-dire un accident du travail ou une maladie professionnelle ayant entraîné une incapacité permanente.Indemnité de licenciement : le calcul expliqué simplement
L'indemnité de licenciement pour inaptitude se calcule sur la même base que l'indemnité de licenciement pour motif personnel. Votre ancienneté conditionne le montant : - 1/4 de mois de salaire par année d'ancienneté pour les dix premières années ; - 1/3 de mois de salaire par année d'ancienneté à partir de la onzième année. Le salaire de référence est le plus avantageux entre deux options : la moyenne mensuelle des douze derniers mois, ou le tiers du salaire versé sur les trois derniers mois. Prenons un exemple concret. Un salarié déclaré inapte après onze ans d'ancienneté, avec un salaire moyen de 1 800 euros par mois sur les douze derniers mois. Pour les dix premières années, il perçoit 1 800 divisé par 4, soit 450 euros par année, donc 4 500 euros. Pour la onzième année, il perçoit 1 800 divisé par 3, soit 600 euros. Son indemnité totale s'élève à 5 100 euros.L'indemnité de licenciement pour inaptitude est due même si l'inaptitude n'est pas d'origine professionnelle. Le calcul est le même que pour un licenciement économique ou pour motif personnel.
Contester l'avis d'inaptitude : un délai de quinze jours
Vous pouvez contester la décision du médecin du travail devant le conseil de prud'hommes. Le délai est court : quinze jours à compter de la notification de l'avis d'inaptitude. Votre employeur peut aussi contester cet avis. Le conseil de prud'hommes peut consulter le médecin-inspecteur du travail pour éclairer sa décision. Ce recours est utile si vous estimez que l'avis est infondé ou que la procédure n'a pas été respectée. Mais il ne suspend pas automatiquement la procédure de reclassement ou de licenciement. Il faut donc agir vite et, si possible, avec l'aide d'un conseil.Ce qu'il faut retenir avant d'agir
L'inaptitude n'est pas une fatalité, mais une procédure encadrée. Le médecin du travail est le seul juge de votre aptitude. L'employeur a une obligation de reclassement, mais elle n'est pas sans limites : s'il prouve l'impossibilité de reclassement, le licenciement est légitime. L'indemnité de licenciement est calculée selon des règles précises, qui ne dépendent pas de l'origine de l'inaptitude, mais de votre ancienneté et de votre salaire de référence. Si vous êtes dans cette situation, la première chose à faire est de demander une copie de votre avis d'inaptitude et de vérifier les mentions qu'il contient. Ensuite, documentez toutes les démarches de votre employeur : propositions de reclassement, refus écrits, dates des visites. Ces éléments seront déterminants si la procédure se termine par un licenciement ou si vous devez contester la décision. Enfin, sachez que si votre inaptitude fait suite à un accident du travail, vos droits sont renforcés. L'employeur doit verser une indemnité spécifique, en plus de l'indemnité de licenciement, et la rupture du contrat suit des règles particulières. Ne négligez pas cette distinction : elle peut changer le montant de vos indemnités de plusieurs milliers d'euros. Pour aller plus loin sur les conséquences d'un arrêt de travail après un accident, vous pouvez consulter les informations sur l'arrêt de travail et ses prolongations.Information générale à jour à la date de publication. Pour une situation personnelle, les textes officiels et l’organisme compétent font foi.




