Vous préparez l’arrivée d’un enfant adopté et devez organiser votre absence du travail ? Le congé d’adoption concerne les salariés du secteur privé auxquels un enfant est confié en vue de son adoption. Sa durée dépend notamment du nombre d’enfants adoptés, de ceux déjà à votre charge et du partage éventuel avec l’autre parent. Pour estimer votre période d’absence et anticiper vos ressources, il faut distinguer le droit au congé de son indemnisation.

Qui peut demander un congé d’adoption dans le privé ?

Le congé est ouvert au salarié auquel un enfant est confié en vue de son adoption. La prise en charge peut être organisée par l’aide sociale à l’enfance, l’Agence française de l’adoption, un organisme français autorisé ou une autorité étrangère compétente, si l’enfant est autorisé à entrer en France à ce titre. Les démarches et justificatifs varient selon le lieu et les modalités de l’adoption. La fiche de la rubrique consacrée aux droits sociaux rassemble d’autres informations utiles sur les démarches liées au travail et à la protection sociale.

Pour une adoption dans le secteur privé, les dispositions du Code du travail et les règles d’indemnisation de l’Assurance maladie encadrent la situation.

Quelle durée selon le nombre d’enfants et le partage entre parents ?

Pour un seul enfant adopté, le congé pris par un seul parent dure 16 semaines si le foyer a zéro ou un enfant déjà à charge ; il passe à 18 semaines si le nouvel enfant porte à trois ou plus le nombre d’enfants à charge. Si les deux parents se partagent le congé, la durée totale est augmentée de 25 jours : elle atteint donc 16 semaines et 25 jours, ou 18 semaines et 25 jours selon le cas. Chaque parent ne peut toutefois prendre plus de 16 ou 18 semaines.

Pour l’adoption de deux enfants ou plus, la durée est de 22 semaines pour un seul parent, ou de 22 semaines et 32 jours si le congé est réparti entre les deux parents. Les parents peuvent prendre leurs périodes simultanément ou à des dates différentes. Le partage peut être utile pour prolonger la présence d’un parent auprès de l’enfant, ou pour organiser un temps commun au début de l’accueil. Dans les deux cas, les durées maximales de chaque parent et les règles de fractionnement doivent être respectées.

Le congé partagé peut être fractionné en deux périodes. Pour l’adoption d’un enfant, chacune doit durer au moins 25 jours ; pour l’adoption de plusieurs enfants, le minimum est de 32 jours. Avant de choisir les dates, confrontez ces minima à vos contraintes professionnelles et familiales. Les chiffres et conditions de durée ci-dessus correspondent aux règles présentées par Service-Public.fr pour les salariés du secteur privé, vérifiées le 1er juin 2026.

Quand le congé commence-t-il et dans quel délai le prendre ?

Vous pouvez faire débuter le congé le jour de l’arrivée de l’enfant au foyer ou dans les sept jours consécutifs qui la précèdent. Selon l’Assurance maladie, il doit se terminer dans les huit mois suivant cette arrivée. Ces repères aident à construire votre calendrier, mais il faut tenir compte de la date attestée d’arrivée et des périodes choisies par chacun des parents.

Le décompte est en jours calendaires, et non en seuls jours travaillés. Les week-ends et jours fériés comptent dans la durée. Si vous partagez le congé, mettez-vous d’accord sur les périodes et les éventuelles prises simultanées avant de transmettre vos dates. Un calendrier écrit, avec les jours de début et de fin de chaque période, permet d’éviter les écarts entre votre demande à l’employeur et votre dossier d’indemnisation.

Comment prévenir l’employeur et transmettre les pièces ?

Informez votre employeur en indiquant le motif de l’absence et la date de début choisie. Vous pouvez envoyer une lettre recommandée avec avis de réception, remettre votre demande contre récépissé ou utiliser un moyen qui conserve une trace, comme un courriel avec accusé de réception ou de lecture. Gardez une copie de la demande et de la preuve de transmission. L’employeur ne peut pas refuser le congé ni imposer le report de son début.

Les pièces à réunir pour l’Assurance maladie dépendent du pays et de la procédure. En France, le dossier peut notamment comprendre une attestation de mise en relation des services départementaux indiquant le début de la période d’adaptation, ou une attestation de placement. Pour une adoption à l’étranger, des documents relatifs à l’agrément, à la décision de placement ou d’adoption et à l’identité de l’enfant peuvent être nécessaires ; la liste varie notamment selon le pays et son appartenance à l’espace Schengen. Vérifiez la liste correspondant à votre cas auprès de votre caisse avant l’envoi.

La page de l’Assurance maladie consacrée au congé d’adoption et à ses modalités indique également que la demande d’indemnisation doit être adressée à la caisse avant le début du congé, au moyen du formulaire dédié. Préparez donc en parallèle la demande destinée à l’employeur et le dossier de la CPAM : prévenir l’employeur ne remplace pas la démarche d’indemnisation.

Quel revenu prévoir pendant l’absence ?

Pendant le congé, le contrat de travail est suspendu et l’employeur ne verse pas le salaire au titre du travail. Sous réserve de remplir les conditions d’ouverture des droits, vous pouvez percevoir des indemnités journalières de Sécurité sociale (IJSS), c’est-à-dire une prestation destinée à compenser une partie de la perte de revenu. Pour un salarié mensualisé, le calcul part des trois derniers salaires, dans la limite du plafond applicable, puis applique un abattement forfaitaire. Le montant dépend donc de votre rémunération antérieure et des règles de calcul, et ne correspond pas automatiquement à votre salaire habituel.

Pour ouvrir droit aux indemnités, il faut notamment justifier d’au moins six mois d’affiliation comme assuré social à la date d’arrivée de l’enfant, ainsi que satisfaire à une condition d’activité ou de cotisations. Les critères publiés par Service-Public.fr comprennent au moins 150 heures travaillées au cours des trois mois précédant l’arrivée, ou un niveau minimal de salaire soumis à cotisations sur les six mois précédents. Si votre parcours professionnel est particulier ou discontinu, demandez à votre caisse de confirmer les critères qui s’appliquent à votre dossier.

Pour les droits ouverts en 2026, Service-Public.fr indique un minimum de 11,12 euros et un maximum de 104,02 euros par jour. Le maximum dépend du plafond de la Sécurité sociale applicable ; il ne constitue donc pas une estimation individuelle. Les indemnités sont versées tous les 14 jours et restent soumises aux prélèvements sociaux et à l’impôt. Les chiffres évoluent : vérifiez ceux en vigueur à la date de votre congé. L’Assurance maladie confirme le plafond journalier de 104,02 euros au 1er janvier 2026 et précise que des dispositions conventionnelles peuvent permettre un maintien de salaire, avec versement direct des IJSS à l’employeur dans le cadre de la subrogation.

Avant de fixer votre budget, consultez votre convention collective ou votre accord d’entreprise et demandez au service de paie si un complément est prévu. Si vous comptez uniquement sur les IJSS, attendez la confirmation de votre caisse plutôt que de multiplier un montant maximal par la durée de congé : le montant réellement attribué dépend du calcul appliqué à votre dossier et des jours indemnisables.

Comment vérifier que votre dossier est complet ?

Avant le départ, vérifiez ces points dans l’ordre :

  1. Confirmez la date d’arrivée de l’enfant et la durée correspondant au nombre d’enfants adoptés et déjà à charge.
  2. Si vous partagez le congé, fixez les périodes de chacun et contrôlez les limites et les durées minimales de fractionnement.
  3. Transmettez à l’employeur le motif et la date de début par un moyen traçable, puis conservez la preuve.
  4. Réunissez les justificatifs correspondant à votre procédure et envoyez à la CPAM le formulaire de demande d’indemnisation avant le début du congé.
  5. Vérifiez auprès de votre caisse les conditions d’ouverture et le montant estimé, puis auprès de l’employeur les dispositions conventionnelles de maintien de rémunération.

Pendant le congé, vous cessez votre activité salariée pour la période indemnisée. À son terme, vous retrouvez votre emploi précédent ou un emploi similaire avec une rémunération au moins équivalente ; les règles prévoient également une protection contre le licenciement, sous réserve des exceptions légales. Si une date d’arrivée change, si des pièces manquent ou si la situation familiale est particulière, contactez directement la CPAM pour l’indemnisation et le service compétent pour vos droits au travail. Pour une situation individuelle nécessitant une interprétation juridique, un professionnel du droit peut vous conseiller.

Questions fréquentes

L’employeur peut-il refuser un congé d’adoption ?

Non. Si vous remplissez les conditions du congé, l’employeur ne peut pas vous le refuser ni vous demander de repousser sa date de début. Informez-le en précisant le motif et le point de départ retenu. Gardez une preuve de votre envoi ou de la remise de votre demande, par exemple un accusé de réception ou un récépissé.

Peut-on enchaîner le congé d’adoption avec le congé de trois jours ?

Oui. Vous pouvez demander à ce que le congé d’adoption succède au congé de trois jours prévu pour l’arrivée d’un enfant en vue de son adoption dans le secteur privé. Indiquez clairement les dates de chaque période à votre employeur et vérifiez les justificatifs requis selon votre situation.

Le congé d’adoption est-il compté en jours ouvrés ?

Non, l’Assurance maladie indique que le décompte se fait en jours calendaires : les week-ends, jours fériés et jours chômés sont donc inclus. Cette règle compte notamment lorsque vous répartissez ou fractionnez la période. Pour fixer les dates exactes, partez de la date d’arrivée au foyer et confirmez le calendrier avec votre employeur.

Information générale à jour à la date de publication. Pour une situation personnelle, les textes officiels et l’organisme compétent font foi.