Devenir sage-femme demande plusieurs années d'études, avec une première année sélective à l'université. Depuis la réforme de 2020, l'ancienne PACES a laissé place à deux parcours : le PASS ou la L.AS. Ces voies permettent d'accéder aux filières médicales (médecine, maïeutique, odontologie, pharmacie, kinésithérapie). Une fois admis en école de sages-femmes, le programme dure cinq ans, soit six ans au total après le bac. Depuis la rentrée 2024, les nouveaux étudiants obtiennent un diplôme d'État de docteur en maïeutique à bac+6.

Quelles sont les deux voies d'accès après le bac ?

Pour entrer dans une école de sages-femmes, il faut d'abord valider une année de licence à l'université. Deux options existent.

Études de sage-femme : durée, concours et débouchés
Études de sage-femme : durée, concours et débouchés

Le PASS (parcours d'accès spécifique santé)

Cette licence est centrée sur les matières médicales. Si vous validez votre année, vous pouvez candidater aux filières MMOPK, dont la maïeutique. Vous avez droit à deux tentatives maximum. En cas d'échec, vous ne pouvez pas redoubler le PASS. Vous devez alors vous réorienter vers une autre licence.

La L.AS (licence avec option accès santé)

Vous choisissez une licence classique (sciences, droit, psychologie, etc.) et vous ajoutez une mineure "accès santé". Si vous validez votre première année, vous poursuivez en deuxième année de cette licence et vous pouvez candidater aux études de santé. Vous avez aussi deux tentatives au total. En cas d'échec, vous pouvez redoubler votre L.AS, mais vous ne pourrez plus candidater aux filières médicales.

Les places disponibles sont réparties proportionnellement entre le nombre d'étudiants en PASS et en L.AS. La sélection se fait sur les résultats obtenus pendant l'année universitaire.

Que se passe-t-il après l'admission en école de sages-femmes ?

Une fois admis, vous intégrez l'une des 35 écoles de sages-femmes en France, rattachées à un hôpital ou à une université. La formation se découpe en deux cycles, puis un troisième cycle depuis 2024.

Le premier cycle (DFGSMa) : les bases

Ce cycle dure trois ans (la première année de licence comprise). Vous étudiez les sciences médicales générales : anatomie, physiologie, sémiologie, pharmacologie. Vous apprenez aussi les gestes d'urgence et les soins généraux. La pratique commence avec des simulations (consultations sur mannequin) et des stages. À la fin, vous obtenez le diplôme de formation générale en sciences maïeutiques, reconnu au niveau licence.

Le deuxième cycle (DFASMa) : la spécialisation

Les quatrième et cinquième années approfondissent l'obstétrique, la néonatologie et la gynécologie, y compris la pathologie. Vous suivez des modules sur la contraception, l'échographie et l'aide médicale à la procréation. Les stages se multiplient : hôpital, cabinet libéral, centre de protection maternelle et infantile (PMI). Ce cycle confère le diplôme de formation approfondie en sciences maïeutiques, reconnu au niveau master. À l'issue de la cinquième année, vous obtenez le diplôme d'État de sage-femme.

Études de sage-femme : durée, concours et débouchés
Études de sage-femme : durée, concours et débouchés

Le troisième cycle : le doctorat en maïeutique

Depuis 2024, une sixième année a été créée. Elle est organisée en deux semestres et se termine par la soutenance d'une thèse d'exercice. Vous obtenez alors le diplôme d'État de docteur en maïeutique. Cette réforme concerne uniquement les étudiants entrés en formation à partir de la rentrée 2024. Ceux qui ont commencé avant conservent le diplôme d'État de sage-femme à bac+5.

Quels sont les débouchés après les études ?

Les sages-femmes exercent dans plusieurs structures. La majorité (52 %) travaille dans la fonction publique hospitalière. Environ 28 % exercent en cabinet libéral, 15 % dans le secteur privé et 5 % en PMI. Le métier offre des responsabilités variées : suivi de grossesse, accouchement, soins aux nouveau-nés, suivi gynécologique, contraception et IVG médicamenteuse. Depuis 2016, les compétences se sont élargies, ce qui a renforcé l'autonomie des praticiens. La profession compte aujourd'hui plus de 23 400 sages-femmes en France, avec une part masculine encore faible (2,6 %), mais en augmentation depuis l'ouverture du diplôme aux hommes en 1984.

Quelles erreurs éviter pendant le parcours ?

Le principal écueil est de sous-estimer la sélectivité de la première année. Le PASS et la L.AS demandent un travail régulier et une bonne organisation. Ne négligez pas les matières non médicales en L.AS : elles comptent dans la moyenne. Autre erreur : ne pas anticiper les deux tentatives maximum. Si vous échouez deux fois, vous ne pourrez plus candidater aux filières santé. Enfin, certains étudiants oublient que les stages sont obligatoires et représentent une part importante de la formation. Les refuser ou les reporter peut allonger le cursus.

Combien coûtent les études de sage-femme ?

Les écoles de sages-femmes sont presque toutes publiques. Les droits d'inscription sont ceux de l'université, soit quelques centaines d'euros par an. Les frais de scolarité en PASS ou L.AS sont identiques à ceux d'une licence classique. Les stages ne génèrent pas de frais supplémentaires, mais il faut prévoir les déplacements et éventuellement un logement près de l'école.

Cycle Années Diplôme obtenu Grade
1er cycle (DFGSMa) 1 à 3 DFGSMa Licence
2e cycle (DFASMa) 4 et 5 DFASMa + DE sage-femme Master
3e cycle 6 Doctorat en maïeutique Bac+6

La réforme change-t-elle vraiment la profession ?

Le passage à six ans et l'obtention d'un doctorat renforcent la reconnaissance académique des sages-femmes. Cela peut ouvrir des perspectives en recherche ou en enseignement. Mais sur le terrain, les missions restent les mêmes : suivi de grossesse, accouchement, soins postnataux et gynécologie de prévention. La réforme ne modifie pas les conditions d'exercice ni les tarifs des consultations. Elle aligne simplement la durée des études sur celle des autres professions médicales. Pour les étudiants, le vrai changement est l'obligation de soutenir une thèse en sixième année, ce qui demande un investissement supplémentaire en recherche.

Si vous hésitez entre plusieurs filières médicales, sachez que la maïeutique est l'une des plus courtes (six ans contre neuf à onze pour la médecine). Mais la sélection est rude dès la première année, et le rythme ne faiblit pas ensuite. Avant de vous lancer, renseignez-vous sur les heures de travail par mois en formation et en stage : le volume horaire est conséquent. Et si vous vous demandez comment évolue le salaire d'une femme de ménage, gardez en tête que les rémunérations des sages-femmes suivent une grille différente, indexée sur la fonction publique ou les conventions libérales.

Enfin, un point de vigilance : le métier expose à des situations d'urgence et à une charge émotionnelle forte. Les stages en milieu hospitalier permettent de se confronter à la réalité du terrain. Si vous doutez de votre capacité à gérer le stress ou les gardes de nuit, mieux vaut en parler à des professionnels en activité. La formation inclut aussi des modules de management et de gestion, utiles si vous envisagez une installation en libéral. Pour les étudiants déjà en poste ou en reconversion, sachez que la durée d'une mise à pied conservatoire peut avoir un impact sur votre planning de reprise d'études : anticipez les démarches administratives.

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